On invite de plus en plus les accédants comme les locataires à construire ou se loger dans des maisons construites sur de petites parcelles composant des quartiers de plus en plus compacts. Il faut économiser le foncier dont la charge est toujours plus lourde. Il faut réduire la consommation de l’espace en limitant l’étalement urbain. Il faut réapprendre le « vivre ensemble » dans une densité recomposée. Retrouver la Ville et l’urbanité en quelques sortes. Voilà le message ! Il vient en rupture brutale avec quarante années d’invitation au rêve de la maison individuelle, celui de la belle maison dont on peut faire le tour et que complète l’illusion du parc conçu en miniature, à grands effets d’herbe de la pampa, de cèdres bleus et de clôtures persistantes.
On revient à la petite parcelle, au petit jardin, et l’intelligence de l’aménagement des espaces extérieurs de la maison est d’autant plus nécessaire qu’il est alors question de vis-à-vis, d’intimité et de composition partagée.
Et le jardin, pièce de vie, apparaît souvent comme le délaissé, le signe d’une individualité s’affranchissant de la lecture très collective du nouveau quartier, espace d’appropriation familiale échappant à la moindre cohérence. La dernière marque d’une nostalgique mémoire de la ruralité.
Il faut donc apporter à l’aménagement de ces petites parcelles le même soin que celui mis en œuvre dans la conception du nouveau quartier et de sa forme urbaine. Témoigner, au moins, que le petit espace peut conjuguer l’agrément et la ressource vivrière, « entre carottes et tulipes », mais aussi la cohérence et l’imaginaire.
Aider, suggérer, surprendre, montrer que c’est facile à faire, en donner l’envie et le mode d’emploi, c’est montrer tout ce que l’on peut faire d’un petit bout de terre pour le confort, le partage et le plaisir des sens.
Appel à idées !
Le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de Maine-et-Loire s’adresse aux jeunes concepteurs, dans le cadre d’un concours très ouvert, afin que soient proposées, dans un contexte convenu, les solutions utiles à l’aménagement et à la cohabitation des parcelles proposées dans les nouveaux quartiers. Les destinataires de cet appel sont les jeunes concepteurs ainsi que les étudiants en dernière année des écoles de paysage ou d’architecture. Il se traduira par plusieurs prix, une publication largement diffusée et une offre d’expérimentation restant à définir.
PALMARÈS
LAURÉAT
De l’espace public à l’espace privé
Un jardin qui se partage, se mange et se contemple
Sébastien CASONI, Samuel ENJOLRAS et Amélie ROUSSEAU sont diplômés de la Haute École du Paysage de l’Ingénierie et de l’Architecture de Genève (ancienne école d’ingénieurs de Lullier), où ils enseignent aujourd’hui.
DEUXIÈME PRIX
TULIPP* & QUAROTS**
*Trame Urbaine Linéaire d’Intérêt Paysager et Productif
** QUARtiers Ouverts et Territoires Solidaires
Diplômés de l’École Nationale Supérieure du Paysage et de la Nature de Blois en 2005, Grégoire BASSINET et Rémy TURQUIN fondent l’agence Bassinet-Turquin en octobre 2010, après avoir été chefs de projet dans différentes grandes agences françaises et internationales d’architecture et de paysage.
TROISIÈME PRIX
À l’ombre végétale des palettes
Diplômé de l’INHP à Angers, Guillaume MOREL-CHEVILLET travaille aujourd’hui au sein de l’agence lyonnaise Gautier + Conquet avec Christophe BOURGUE, architecte, qui a débuté sa carrière dans le milieu du théâtre. Céline GIBERT a rejoint l’agence lyonnaise Insolites architectures après avoir complété sa formation à l’École Polytechnique de Milan.
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